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Les pour et les contre à l’utilisation des plateformes de collaboration

Les pour et les contre à l’utilisation des plateformes de collaboration

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23/09/2026

Même si les architectes ressentent souvent la pression exercée par leur client et l’entrepreneur pour qu’ils utilisent des logiciels de gestion de chantier, la participation à ce genre de plateforme n’est pas obligatoire, sauf si son utilisation a été spécifiquement prévue dans le contrat de service signé entre l’architecte et son client.  De plus, cette prestation ne fait pas partie des services de base des architectes et des honoraires supplémentaires devraient être négociés.

Recourir à des plateformes collaboratives, telles que PM4, Procore, Autodesk BIM 360, SmartUse, Autodesk Construction Cloud, etc., fournies ou exigées par les entrepreneurs ou gérant de construction, peut s’avérer pratique, car elles permettent de mutualiser en temps réels les documents pertinents pour le projet, les rendant accessibles aux différents intervenants : clients, entrepreneurs, architectes, ingénieurs.

Toutefois, le partage de documents sur une plateforme collaborative n’ôte pas l’obligation pour l’architecte de documenter chaque mandat, comme le prévoit le Règlement sur la tenue des dossiers, du registre et des bureaux des architectes. Il est donc important que l’architecte conserve en parallèle une copie de tous les documents déposés sur la plateforme – dessins d’atelier, questions-réponses techniques, les déficiences - sur son propre serveur.

Il ne faut pas oublier que c’est généralement l’entrepreneur ou le donneur d’ouvrage qui est l’administrateur de la plateforme. Les documents peuvent être modifiés ou effacés de la plateforme ou leur accès peut être supprimé ou restreint par une tierce partie à la fin du chantier. L’Ordre des architectes du Québec appelle d’ailleurs ses membres à la prudence, soulignant que « l’utilisation de telles plateformes soulève encore des enjeux réglementaires, déontologiques, de responsabilité et de gestion ».

Par exemple, l’obligation de confidentialité s’applique à tous les documents et les renseignements déposés sur ces plateformes, comme prévu aux articles 42 et 43 du Code de déontologie.

Voici quelques-uns des principaux avantages et inconvénients d’utiliser les plateformes collaboratives des entrepreneurs ou clients.

Du côté des avantages, on note la centralisation de l’information, ce qui permet à tous les intervenants d’avoir les plans à jour, la facilité d’annoter les plans pour souligner les déficiences, et le fait d’avoir des déficiences typiques qui soient automatisées.

Quant aux inconvénients, on pense notamment à la surcharge de travail causée notamment par l’enregistrement en double de tous les documents et le fait de devoir télécharger les documents pour les annoter avant de les enregistrer de nouveau sur la plateforme. Mais aussi la perte éventuelle des accès, le compte administrateur étant détenu par une tierce partie, ou encore le fait de ne pas avoir de contrôle sur les documents effacés de la plateforme ou altérés, ce qui pourrait contribuer à la désinformation du client et occasionner des réclamations. Les statuts des dessins d’atelier sont décidés par l’entrepreneur et non par l’architecte. Sans compter que certaines interfaces peuvent être complexes et peu intuitives.

Il est donc légitime de refuser d’utiliser de telles plateformes - même s’il n’est pas toujours possible d’argumenter avec le client ou l’entrepreneur -, ou à tout le moins de négocier des honoraires supplémentaires pour compenser le taux d’effort lié à la surcharge de travail considérable qu’engendre leur utilisation.

Il peut arriver que l’entrepreneur choisisse d’enregistrer lui-même les documents et informations sur sa plateforme sans que les professionnels soient impliqués et, dans ce cas, la communication se fera généralement par courriel.

 

Merci à Sylvain Morrier, membre du comité sur la documentation type, pour sa contribution à ce résumé.