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Échos de l'AAPPQ - Avril 2026

Échos de l'AAPPQ - Avril 2026

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30/04/2026

En route vers les élections d’octobre 2026

Un vent de campagne électorale a commencé à souffler sur le Québec. La Coalition Avenir Québec vient d’élire sa nouvelle cheffe et les partis d’opposition ne sont pas avares en commentaires et en critiques à l’égard des uns et des autres. Du côté des organisations privées et des organismes qui bénéficient d’un financement public, on se prépare à solliciter les différents partis en vue d’obtenir des promesses électorales et l’AAPPQ ne fait pas exception.

 

Les sondages se multiplient et le dernier en date, réalisé par Léger pour Québecor et publié le 21 avril, jour de l’assermentation du Conseil des ministres de Christine Fréchette, montre que le Parti Québécois repasse devant les Libéraux avec 31% des intentions de vote, contre 28% pour le Parti libéral du Québec. L’élection de Mme Fréchette a redonné un élan à la CAQ qui remonte à 17%, devant le Parti conservateur du Québec (14%), et Québec solidaire (11%).

Alors que le PQ caracolait déjà en tête des sondages le mois dernier, il a été le premier à faire des annonces électoralistes, dont celle de réduire les coûts de construction au Québec. S’il est élu, le Parti Québécois veut, notamment, maximiser le bassin de soumissionnaires potentiels et favoriser la participation de PME aux travaux publics. Il prévoit aussi alléger les plans et devis soumis dans les appels à projets, mettre en place des formulaires préremplis, et développer des outils de gestion de projet afin d’améliorer la planification des ouvrages publics. Enfin, le PQ envisage d’harmoniser le Code du bâtiment dans l’ensemble du Québec et d’étendre les exemptions de remises aux normes au bâti ancien, mais à la lecture du communiqué de presse, on reste sur notre faim.

Du côté de la CAQ, la nouvelle cheffe entend confier la construction, la propriété, la gestion et l’entretien des bâtiments scolaires au privé, alors que les centres de services en seraient locataires à long terme, sans donner plus de détails sur la mise en œuvre. Christine Fréchette veut également augmenter le contenu québécois dans les achats gouvernementaux, mais elle ne précise pas comment.

Québec solidaire, lui, promet d’augmenter l’offre de logements sociaux et communautaires. Rien à signaler pour le moment en ce qui concerne les autres partis en lice.

 

Maintien des actifs

Dans le secteur de la construction au sens large, certains acteurs ont déjà commencé à faire entendre leur voix. C’est notamment le cas de l’Ordre des ingénieurs du Québec et de l’Association des firmes de génie-conseil (AFG) qui souhaitent que l’enjeu du déficit du maintien des actifs figure au cœur de la campagne électorale et qu’on consacre aux infrastructures un fonds de prévoyance.

La Corporation des entrepreneurs généraux milite, elle, pour les modes collaboratifs qui font intervenir les entrepreneurs dès la conception et pour la mutualisation et l’harmonisation des plans des bâtiments publics, arguant notamment que la surconception plombe le prix des infrastructures.

Quant à l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec, elle voit dans la préfabrication une façon d’augmenter l’offre de logements et demande la révision des programmes et de la réglementation afin de favoriser le recours à la préfabrication.

Autant de déclarations qui interpellent l’AAPPQ, puisque plusieurs solutions mises de l’avant présentent des enjeux importants pour les concepteurs et pour les PME en architecture, comme la standardisation et la préfabrication, pour ne nommer que ceux-ci.

 

Collaboration avec l’AFG

En vue de la campagne électorale qui précédera les élections du 5 octobre prochain, l’AAPPQ travaille de concert avec l’AFG à défendre leurs intérêts communs dans un contexte de pressions budgétaires, de changements climatiques et de besoins croissants en logements.

Nous considérons notamment qu’une planification rigoureuse des besoins des donneurs d’ouvrage publics est essentielle et contribue à la réduction des délais et des coûts et que les professionnels sont bien placés pour trouver des pistes de rationalisation. Les décisions prises aujourd’hui en matière d’architecture doivent l’être à la lumière des impacts qu’elles auront sur tout le cycle de vie d’une infrastructure, c’est-à-dire en considérant son exploitation, son entretien et sa durabilité. Quant à la réduction des délais, elle va de pair avec une efficience des processus de planification, d’appels d’offres et un assouplissement des procédures administratives, notamment en réduisant le nombre de contrôles ou d’audits et en limitant le nombre d’intervenants dans les projets. Par ailleurs, les processus administratifs gagneraient à être plus efficaces afin de contribuer à la réduction de la facture et des délais.

Il nous apparaît essentiel que les pouvoirs publics offrent une prévisibilité des projets à venir, qui profitera autant aux bénéficiaires de ces infrastructures, qui pourront se projeter dans le futur et s’organiser en fonction d’un échéancier, qu’aux professionnels qui gagneront en efficacité. La prévisibilité englobe la planification de l’entretien préventif des infrastructures et, pour ce faire, le gouvernement doit pouvoir s’appuyer sur un portrait réaliste de l’état de son parc. En l’absence de cette vision globale, le déficit d’entretien persistera, rendant la rénovation plus chère que la démolition et la reconstruction, notamment en raison des exigences de mise aux normes du Code du bâtiment.

Un sujet d’actualité ces derniers mois, sur lequel nous nous sommes déjà prononcés, la standardisation, refera sans nul doute surface pendant la campagne. Cette option ne doit pas être balayée du revers de la main, mais on ne devrait y recourir qu’après analyses des enjeux et opportunités et que pour des éléments particuliers de conception. Quand on parle de standardisation, on pense tout de suite à la préfabrication et aux problèmes d’arrimage entre les préfabricants et les architectes.

Quant aux nouveaux modes collaboratifs que le gouvernement voit comme des solutions innovantes et d’avenir, dans l’état actuel des choses, ils nous semblent imparfaits. Nous aurions avantage à optimiser des modes déjà éprouvés, comme le mode traditionnel, notamment en favorisant une meilleure collaboration entre les différentes parties prenantes et en sélectionnant les entreprises de construction sur la base de critères de qualité; une option déjà possible, mais peu utilisée par les donneurs d’ouvrage publics.

Nous sommes également préoccupés par l’achat local, qui a un impact sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre et sur notre adaptation aux changements climatiques, et par l’importance d’accorder une plus grande place à l’innovation. Enfin, nous souhaitons faire partie de la solution pour contrer la crise du logement.

Autant de sujets sur lesquels nous nous penchons actuellement et pour lesquels nous allons avancer des solutions. Nous vous invitons d’ailleurs à nous faire part de vos préoccupations si elles diffèrent de celles exposées ici, mais surtout à nous proposer des pistes de solutions concrètes pour résoudre ces problèmes.

 

L’Association a démarré l’année 2026 avec un nouveau rendez-vous mensuel, Échos de l’AAPPQ, un éditorial d’affaires publiques. Sous la plume de Florence Reinson, conseillère en relations publiques et gouvernementales, la permanence de l’Association vous informe des démarches entreprises pour défendre vos intérêts, ainsi que ceux de la profession. Voici le quatrième de la série.