AAPPQ
26/08/2026
Campagne électorale : c'est en cours
La campagne électorale est lancée et l’AAPPQ fait ses démarches pour sensibiliser les différents partis en lice à certains enjeux concernant tant le grand public que les architectes, tels que la qualité du cadre bâti, la pénurie de logements abordables, l’inflation, la hausse des coûts de construction ou encore le déficit de maintien des infrastructures, notamment.
Nous voulons attirer l’attention des partis politiques sur le risque de sacrifier la qualité des milieux de vie en optimisant les coûts sans prendre en compte les dépenses sur tout le cycle de vie du cadre bâti.
Nous nous sommes alliés à l’Association des firmes de génie-conseil (AFG) pour proposer aux partis des solutions concrètes, innovantes et viables afin, notamment, d’améliorer la performance des investissements publics.
Consulter nos documents de campagne et notre communiqué
Mettre fin à la règle du plus bas soumissionnaire
Dans un contexte marqué par l’accélération des changements climatiques, les pressions croissantes sur les finances publiques et l’augmentation des besoins en infrastructures, le Québec doit revoir sa façon de planifier et de dépenser les deniers publics. Face à ces enjeux, la durabilité des infrastructures doit faire partie des critères de base guidant l’ensemble des décisions gouvernementales liées au cadre bâti. Et la logique du plus bas coût initial, qui a montré son inefficacité au fil des ans, doit être abolie, car elle occulte souvent les coûts réels associés à l’exploitation, à l’entretien, à la réhabilitation et au remplacement des infrastructures. À cause des demandes de substitutions, d’équivalences et de frais additionnels qui sont fréquentes dans l’approche retenant le plus bas soumissionnaire, elle peut conduire à des choix inefficaces qui augmentent les dépenses publiques à long terme et affaiblit la performance environnementale et la résilience des actifs publics.
Parlant d’actifs publics, le déficit de leur entretien, qui ne fait que s’aggraver, réduit la durée de vie utile des infrastructures et augmente les coûts futurs ainsi que les risques liés à la sécurité de la population, à la fiabilité des ouvrages et à la continuité des services publics. Une solution revendiquée par plusieurs, dont l’AAPPQ, consiste à créer un fonds de prévoyance qui servirait exclusivement au maintien des actifs et à la restauration du patrimoine bâti, et permettrait une stabilité des investissements, indépendamment des aléas politiques et économiques, et une meilleure planification à long terme.
Alléger le fardeau administratif
Nous ne sommes pas les seuls à le constater et à s’en plaindre, les processus administratifs et réglementaires se complexifient d’année en année, ce qui a un impact significatif sur les délais et les coûts de construction. Par exemple, dans le secteur immobilier, les coûts liés aux exigences fiscales, réglementaires, techniques et administratives imposées aux nouveaux projets ont bondi de 95% entre 2019 et 2024, selon une enquête menée récemment pour l’Institut de développement urbain du Québec (IDU).
Une des avenues explorées serait de renforcer l’expertise interne des donneurs d’ouvrage en gestion de projets et de simplifier les processus décisionnels afin qu’ils puissent prendre des décisions éclairées, et réduire le nombre d’intervenants publics et d’allers-retours dans un même projet. Mais aussi alléger les processus, revoir la réglementation et simplifier les appels d’offres.
Mettre fin aux dépassements de coûts
Il n’est pas rare que l’explosion des coûts de projets publics fasse les manchettes et il est temps de s’attaquer au problème. Une des raisons principales à ces dépassements de coûts provient d’une planification déficiente. Un manque de préparation engendre des modifications en cours de route, des allers-retours répétés entre les intervenants et, inévitablement, des écarts entre les coûts annoncés et les coûts réels, des retards et des litiges. Des problèmes qui se régleraient en consacrant le temps nécessaire à bien définir les besoins fonctionnels et techniques et un budget réaliste par rapport à ceux-ci, et en effectuant des analyses de valeurs et de risques avant de lancer un appel d’offres pour construction.
Par ailleurs, la planification des projets publics gagnerait à être bonifiée de façon à dresser un portrait fiable des projets à venir et de leur échéancier, ce qui offrirait de la prévisibilité aux différents intervenants professionnels. En l’absence de planification concrète et d’une définition claire des besoins, il y a un risque que les projets publics se voient retarder faute de soumissionnaires possédant les expertises nécessaires, disponibles au moment voulu, et créer une surchauffe du marché de la construction.
La préfabrication, une solution incomplète face au manque de logements abordables
En plus de notre plateforme préélectorale conjointe avec l’AFG, nous avons préparé deux autres documents de campagne sur les enjeux de la préfabrication (ou construction hors site) et du logement abordable. Même si la construction hors site représente une opportunité réelle pour accélérer la construction de bâtiments financés par des fonds publics, améliorer la qualité d’exécution, maîtriser les coûts de construction et réduire les aléas de chantier, il n’en demeure pas moins que ce type de construction soulève des défis techniques, contractuels, professionnels et organisationnels qui ralentissent son déploiement à grande échelle. Parmi les défis, citons l’absence de documentation technique adaptée au Code de construction, le manque de standardisation dimensionnelle entre les différents manufacturiers, des codes et des normes qui ne sont pas arrimés à la construction modulaire, et des modes d’adjudication de contrats et de réalisation inappropriés à ce mode de construction.
Enfin, la pénurie de logements abordables est un sujet qui nous préoccupe beaucoup. Nous craignons notamment que, pour pallier le problème en cherchant à construire rapidement et à moindre coût, on sacrifie la qualité des constructions et des milieux de vie, ce qui causera un préjudice plus grand à long terme, en frais d’entretien et d’exploitation des bâtiments sans parler des enjeux humains et sociaux. On note également le recours de plus en plus souvent à des promoteurs privés qui offrent des projets clés en main standards, sans réflexion sur les besoins spécifiques des usagers ni consultation des populations visées, au lieu de confier ces projets à des PME en architecture et à des groupes de ressources techniques qui ont des compétences et des expertises longuement acquises pour planifier et développer un habitat abordable et des milieux de vie de qualité.
L’intégration de modules préfabriqués, encouragée par les pouvoirs publics, doit être utilisée au cas par cas, car cette solution ne répond pas d’emblée à tous les enjeux actuels. Il ne faut pas perdre de vue que les besoins des uns diffèrent de ceux des autres. Si on veut offrir des espaces de vie permettant aux occupants de s’épanouir et de vivre dans la dignité, ces logements doivent répondre aux besoins propres de leurs utilisateurs et des communautés d’accueil.
L’après-élection
Peu importe l’issue du scrutin, l’AAPPQ poursuivra ses démarches auprès du nouveau gouvernement pour faire valoir que les dirigeants de PME en architecture représentent des interlocuteurs de choix pour contribuer à l’élaboration de solutions innovantes, que ce soit pour intégrer durablement et judicieusement la préfabrication de composantes, améliorer les processus publics de gestion et de réalisation de projets, maîtriser les coûts sans hypothéquer la pérennité des constructions, mieux adapter les programmes publics à la réalité du marché, ou encore répondre aux besoins particuliers et évolutifs des usagers de ces milieux de vie, de soins, d’éducation, etc.
L’Association a démarré l’année 2026 avec un nouveau rendez-vous mensuel, Échos de l’AAPPQ, un éditorial d’affaires publiques. Sous la plume de Florence Reinson, conseillère en relations publiques et gouvernementales, la permanence de l’Association vous informe des démarches entreprises pour défendre vos intérêts, ainsi que ceux de la profession. Voici le septième de la série.